Le harcèlement à France Télécom ne s’est pas arrêté en 2010….

l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel des ex dirigeants de France Télécom se fonde sur des faits de harcèlement moral à l’encontre de tout le personnel survenus dans la période de 2007 à 2010 . Or ce harcèlement, non seulement n’a pas commencé qu’en 2007 et ne s’est pas subitement arrêté en 2010 !

notre association a, dès 2011, écrit au nouveau PDG Stéphane Richard pour l’alerter sur la situation de très nombreux agents notamment ceux qui, en arrêt de travail du fait de la maltraitance subie, continue à être les victimes d’un déni consciencieusement organisé .

voilà le texte de cette alerte du 19 mai 2011

Communiqué d’ASD-PRO À l’attention de M. Stéphane Richard, PDG de FT-Orange

ASD-PRO, par sa mission et son activité, rencontre (malheureusement) de nombreux cas d’agents deFT-Orange dans une grande détresse.

Et nous constatons que ceux qui sont en arrêt de travail, donc normalement à l’abri du risque psychosocial, sont au contraire, exposés à la souffrance psychique de l’abandon, le rejet, l’incertitude de l’avenir, la poursuite d’une maltraitance découlant de la gestion de ces situations.

Nous avons donc ainsi la conviction, désormais, que la situation d’arrêt de travail, à FT-Orange, est une situation à grands risques d’atteintes psychiques. Cela signifie que les agents, qu’ils soient fonctionnaires ou de droit privé, sont en danger lorsqu’ils sont en arrêt de travail suite à une maltraitance liée au travail. Et ils sont nombreux, innombrables, même s’ils sont parfois « masqués » par vos dispositifs qui permettent de rester chez soi « à ne rien faire » en étant payés, parfois une misère… Cette mise en danger des agents, là où ils devraient être protégés, à l’abri de ce qui les a fait souffrir et basculer, tient toujours à ces mêmes ingrédients à savoir :

? pressions et/ou maltraitances qui se poursuivent

? absence de soutien, donc isolement

? impact de la situation professionnelle sur la situation personnelle

C’est donc le sens de notre alerte dont la légitimité n’a de valeur que celle que nous nous donnons et donnerons : les agents de FT-Orange qui sont en arrêt de travail pour souffrance psychique, sont exposés aux risques liées à votre politique, votre gestion de cette question. Nous savons bien que d’autres que nous vous on déjà alerté de ce problème. La différence que nous souhaitons y mettre, c’est l’usage que nous faisons et que nous ferons de cet écrit dont nous n’attendons aucun « miracle », mais qui vise à aider ces personnes en grande souffrance, et à amplifier les actions visant à arrêter ce fléau délétère qui restera dans l’histoire de FT-Orange comme une tâche d’ombre.

Les situations individuelles sont innombrables, comme un chaos, face cachée de la réussite finalement toute relative de l’entreprise. Beaucoup ont le regret de vos promesses non tenues, promesses exprimées ou suggérées par votre arrivée à la tête du groupe, bien décidé à enrayer cette souffrance que certains ont cru bon caricaturer comme le mal de « ces fonctionnaires nostalgiques ».

Certes des actions d’amélioration du quotidien ont été engagées. Mais l’instauration de moments de convivialité ou la mise en place d’un « réseau facebook » interne ressemblent davantage à une opération de « social washing » qu’à une véritable remise en cause de l’organisation pathogène du travail. Nous n’ignorons pas que vous avez une vision assez claire et exhaustive de ce mal généré par le travail, mais les stigmates sont douloureux car le mal est bien plus profond encore. Vous avez sans doute, en revanche, moins de vision de l’action qui peut être menée par ceux dont l’ambition, sincère, est de prévenir, éviter, empêcher que se poursuive le désastre. Sinon, quel sens donner à ces rencontres entre vous, personnellement, et ces victimes ou ayants-droits de victime, qui se soldent toutes par une grande déception, puis une grande colère, et enfin, l’envie d’agir. Seul ou avec d’autres.

Ce sont ces résistants à votre politique, à vos méthodes, à votre mépris (en tous cas, ils le prennent comme du mépris ceux qui vous ont rencontré et que vous avez déçus), qui contribuent à leur manière à la prévention des risques psycho-sociaux. Et ceux-là, vous ne pouvez en avoir une vision claire, étant donné que vous ne reconnaissez pas leur combat, la légitimité de la résistance qu’ils opposent à un travail maltraitant, déplaisant, décourageant, voire même honteux.

Ce communiqué est une alerte active, que nous espérons utile à tous ces résistants, parfois inconscients de l’être, que nous rencontrons. D’autres, malheureusement, ne trouvent plus la force de poursuivre cette résistance et finissent par offrir leur vie en sacrifice comme, encore une fois de plus, ce 26 avril à Mérignac. Vos commentaires à ce sujet sont confondants : vous ne faites guère mieux que votre prédécesseur qui parlait « d’une mode », en stigmatisant discrètement ces résistants que vous continuez à qualifier de « fragiles ».

Vous n’apportez rien de concret visant à transformer les organisations qui sont à l’origine de ces drames, comme vous le montrent régulièrement les expertises réalisées sur vos sites. Vous continuez donc à vouloir traiter ces souffrances comme découlant de situations individuelles alors que la question est sociale et organisationnelle.Votre communication compassionnelle est opportuniste et ne vise qu’à cacher l’inaction de vos équipes dirigeantes face à tous ces drames, prenant le risque d’enfermer les agents de FT dans l’idée que votre politique est la seule possible. Or, justement, contrairement à vos affirmations, la logique de résultats à court terme s’oppose à la réhumanisation de l’entreprise, comme espace collectif de vie. Votre entêtement à avoir cette « absolue conviction » augure mal l’avenir étant donné votre important pouvoir de décision.

Ce communiqué sera adressé à la presse, à l’Observatoire du Stress et des Mobilités Forcées, à l’association « les blessés du next » et aux organisations syndicales.

Fait à Chinon, le 19 mai 2011.

asdpro.

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