Ordonnances , un risque psychosocial avéré. Macron président des patrons ?

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Notre association ne peut que souscrire à l’idée que Macron est bien le « président des riches » (lire le communiqué de la FNATH sur le projet de Loi de finance). Mais avec ses ordonnances sur le travail, il est « en même temps » le président des patrons.

Ces derniers ne peuvent en effet que se réjouir du recul social sans précédent que constitue ce coup porté au pouvoir d’agir des syndicats, des instances représentatives des salariés, des médecins du travail, de l’inspection du travail et des institutions prud’homales, derniers rempart à l’injustice, la maltraitante et autres malheurs découlant d’un travail qui fait mal !

Avec cet arsenal de dispositifs sensés révolutionner le monde du travail, un employeur a désormais les mains libres pour précariser le travail, diminuer ses coûts autant qu’il en a envie, étendre le temps de travail ou le réduire à sa guise, faire travailler la nuit, le dimanche, exposer ses salariés à tous risques sans avoir à craindre cette épée de Damoclès que constitue la « réparation ».

Mais si le champagne coule à flot au Medef où personne ne doute que la santé de ces hauts dirigeants ne souffre d’aucune baisse de moral, cette dégradation des conditions de travail n’est pas sans risque pour la société toute entière.

Car derrière cette souffrance infligée aux salariés dont ASD Pro est le témoin privilégié, se cache autant de risques de voir notre société, notre « vivre ensemble » se déliter un peu plus.

Certes les tensions engendrées par le travail ne sont pas directement visibles et menaçantes pour la société, mais de temps à autre un événement généralement grave ([1]) vient nous rappeler qu’il n’existe pas d’étanchéité entre ce monde qu’est le travail et la vie privée.

Ainsi, ASD Pro ne peut que dénoncer ce recul du droit qui constitue en soi, un risque psychosocial pour tous les travailleurs. Nous nous interrogeons sur l’augmentation de la « violence dans la cité »[2] comme conséquence prévisible de ce déni renforcé de la souffrance au travail.

Même si il est évident que des travailleurs, des syndicalistes, des professionnels de santé ont pu être séduits par le « style et de droite et de gauche » du candidat Macron, qui peut raisonnablement penser et soutenir qu’en portant un tel coup au pouvoir d’agir de celles et ceux qui travaillent en instaurant de telles Lois du silence et de la soumission, en favorisant l’impunité des employeurs ; le travail va pouvoir devenir ce lieu d’émancipation Humaine, symptôme d’un société qui va bien ?

[1] Comme par exemple celui du suicide du pilote de la German Airlines …

[2] C. Dejours. Conjurer la violence. Travail, violence et santé, Paris : Éditions Payot & Rivages